Le Musée d’art moderne présente une rétrospective de Jean Fautrier

Jean Fautrier, ce peintre un peu oublié du grand public d’aujourd’hui. Trente ans après la dernière grande exposition parisienne, l’oubli est réparé.

Né de parents béarnais à Paris juste avant le siècle, élevé par sa grand-mère maternelle irlandaise, Jean Fautrier (1898-1964) est un peintre subtil, étrange, violent et doux à la fois, dont l’œuvre ignore les règles coutumières et trouve son propre langage. Du Lac bleu, 1926, beauté pâle de sa série quasi abstraite de glaciers, à son Nu de face I, vers 1928, entre fantôme et poupée, on a l’impression qu’il a fermé la porte sur le monde et en saisit les reflets.

Un artiste forgé sous l’influence anglaise de Turner et de Walter Sicker et qui garde l’art des nuées dans sa palette (Sunset in Alabama, 1957). L’auteur de la polémique série des Otages , peinte au cœur de la Seconde Guerre, est bien connu des collections européennes et françaises, publiques et privées, mais un peu oublié du grand public d’aujourd’hui.

«Un grand artiste, singulier, en dehors des courants»

Il a été reconnu un temps comme le grand artiste français vivant, a reçu le Grand Prix de la peinture de la 30e Biennale de Venise en 1960, avec Hans Hartung. La dernière grande exposition parisienne de Fautrier remonte à trente ans, en 1989 ici, sur un demi-étage. La précédente date du vivant de Fautrier, en 1964, juste avant sa mort. C’est un grand artiste, singulier, en dehors des courants.»

Musée d’art moderne de la Ville de Paris : 11, avenue du Président-Wilson (XVIe).

Tél.: 01 53 67 40 00

Horaires: du mardi au dimanche de 10 h à 18 h ; nocturne le jeudi, de 18 h à 22 h.

Jusqu’au 20 mai. 

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